“Je hais le vice et le crime. Mais, en regard de la naïveté, je crois que je préfère encore le vice et le crime”

La Reine morte (1942), Henry de Montherlant

 

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours nourri à l’endroit du sordide une curiosité étonnante tant je ne trouvais pas cela croyable. Lire qu’un tel a tué une telle, qu’une mère a enterré vif son enfant, qu’un jeune étudiant a été violé et roué de coups par des camarades en guise de bizutage, que le harcèlement scolaire a poussé une adolescente à se jeter dans un fleuve. Ce que nous appelons bon an, mal an, les faits divers n’ont de divers que leur récurrence et leur juxtaposition aux actualités. Ces faits n’ont rien de divers, ils sont ahurissants, terrifiants, grotesques parfois. Mais, ils ont ce terreau commun : l’humanité, dans toute sa folie et toutes ses contradictions. Peut-être devrais-je dire que je suis fasciné par ces grands écarts, que les protagonistes de ces faits divers semblent maîtriser à la perfection : jouer un rôle en société et être capable des pires immondices une fois à l’abri des regards. Je ne trouve pas cela croyable. Ma naïveté s’est transformée en fascination. 

Les arts de la scène, les arts en général, permettent ces pas de côté pour raconter, déconstruire, mystifier ces nœuds médiatiques et sensationnels. Le théâtre, par le moyen de l’artifice, peut reconstituer le dialogue des pires bourreaux. Ma fascination n’est pas anodine et n’est pas isolée. J’aime à penser que, tous et toutes, nous nourrissons cette pointe de voyeurisme à l’égard de ces affaires sordides. C’est peut-être arrivé près de chez vous. Peut-être étiez-vous à la fenêtre, subtilement dissimulé par un rideau ? J’aime à penser que la folie des autres nous rassure dans notre propre déraison (là encore, je me rassure).

Dans Woyzeck (1837), Buchner pose une question qui me reste à l’esprit : “Qu’est-ce qui en nous ment, assassine, vole ?”. Je ne sais pas si je préfère la naïveté au vice et au crime. L’une sert ma pratique de faiseur de théâtre – je fais appel à la crédulité des spectateurices – et les deux autres servent la théâtralité et les ressorts dramatiques. En revanche, je sais que ces affaires sordides sont constitutives de notre humanité. Alors, les convoquer le temps d’un festival n’est qu’une façon supplémentaire de nous regarder en face. Nous sommes dans l’histoire même de l’humanité. Et, le théâtre ne raconte rien d’autre. 

Le sordide n’est pas le propre du fait divers. Mais devons-nous vraiment réveiller les monstres de notre enfance ? Nous risquerons-nous à colporter des légendes ? Bien sûr que nous allons le faire, et vous, viendrez-vous les affronter avec nous ?

Les affaires que nous convoquons ici n’ont rien de divers et de naïfs. L’enlèvement supposé de Britney Spears, la crise écologique et la fin du monde annoncé, les théories du complot, la malheureuse Circée, la disparition du super-héros local, une invasion de crabes (frères de l’Armée Rouge), le mythe d’Icare, le meurtre d’un sans domicile fixe par des vigiles d’un supermarché et tant d’autres histoires encore. Toutes ces affaires ne sont pas croyables et pourtant. Pourtant, elles sont là, rassemblées et assemblées pour nous dire, nous rassurer, nous sublimer, nous terrifier et nous humilier. 

Alors, bas les masques ! Et vous, viendrez-vous les affronter avec nous ? 

Sacha Vilmar, directeur artistique, avril 2021

Téléchargez le programme : LIVRET-SORDIDE-WEB !

“Je hais le vice et le crime. Mais, en regard de la naïveté, je crois que je préfère encore le vice et le crime”

La Reine morte (1942), Henry de Montherlant

 

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours nourri à l’endroit du sordide une curiosité étonnante tant je ne trouvais pas cela croyable. Lire qu’un tel a tué une telle, qu’une mère a enterré vif son enfant, qu’un jeune étudiant a été violé et roué de coups par des camarades en guise de bizutage, que le harcèlement scolaire a poussé une adolescente à se jeter dans un fleuve. Ce que nous appelons bon an, mal an, les faits divers n’ont de divers que leur récurrence et leur juxtaposition aux actualités. Ces faits n’ont rien de divers, ils sont ahurissants, terrifiants, grotesques parfois. Mais, ils ont ce terreau commun : l’humanité, dans toute sa folie et toutes ses contradictions. Peut-être devrais-je dire que je suis fasciné par ces grands écarts, que les protagonistes de ces faits divers semblent maîtriser à la perfection : jouer un rôle en société et être capable des pires immondices une fois à l’abri des regards. Je ne trouve pas cela croyable. Ma naïveté s’est transformée en fascination. 

Les arts de la scène, les arts en général, permettent ces pas de côté pour raconter, déconstruire, mystifier ces nœuds médiatiques et sensationnels. Le théâtre, par le moyen de l’artifice, peut reconstituer le dialogue des pires bourreaux. Ma fascination n’est pas anodine et n’est pas isolée. J’aime à penser que, tous et toutes, nous nourrissons cette pointe de voyeurisme à l’égard de ces affaires sordides. C’est peut-être arrivé près de chez vous. Peut-être étiez-vous à la fenêtre, subtilement dissimulé par un rideau ? J’aime à penser que la folie des autres nous rassure dans notre propre déraison (là encore, je me rassure).

Dans Woyzeck (1837), Buchner pose une question qui me reste à l’esprit : “Qu’est-ce qui en nous ment, assassine, vole ?”. Je ne sais pas si je préfère la naïveté au vice et au crime. L’une sert ma pratique de faiseur de théâtre – je fais appel à la crédulité des spectateurices – et les deux autres servent la théâtralité et les ressorts dramatiques. En revanche, je sais que ces affaires sordides sont constitutives de notre humanité. Alors, les convoquer le temps d’un festival n’est qu’une façon supplémentaire de nous regarder en face. Nous sommes dans l’histoire même de l’humanité. Et, le théâtre ne raconte rien d’autre. 

Le sordide n’est pas le propre du fait divers. Mais devons-nous vraiment réveiller les monstres de notre enfance ? Nous risquerons-nous à colporter des légendes ? Bien sûr que nous allons le faire, et vous, viendrez-vous les affronter avec nous ?

Les affaires que nous convoquons ici n’ont rien de divers et de naïfs. L’enlèvement supposé de Britney Spears, la crise écologique et la fin du monde annoncé, les théories du complot, la malheureuse Circée, la disparition du super-héros local, une invasion de crabes (frères de l’Armée Rouge), le mythe d’Icare, le meurtre d’un sans domicile fixe par des vigiles d’un supermarché et tant d’autres histoires encore. Toutes ces affaires ne sont pas croyables et pourtant. Pourtant, elles sont là, rassemblées et assemblées pour nous dire, nous rassurer, nous sublimer, nous terrifier et nous humilier. 

Alors, bas les masques ! Et vous, viendrez-vous les affronter avec nous ? 

Sacha Vilmar, directeur artistique, avril 2021

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revue Dare-Dare

Dare-Dare est une revue d’hypothèses, fondée par Sacha Vilmar, aux questions soulevées par les artistes, les enseignants-chercheurs, les étudiants, les publics autour d’une thématique lors du festival DémoStraTif.

Les contributions y sont multiples, articles universitaires, dessins, formes brèves, photographies etc.

Le tout se mélangeant, se regardant et surtout se parlant.

Le premier numéro rassemble les Illusions Collectives de la première édition du festival, en mai 2018. Le second numéro (paru en 2020) est axé quant à lui sur les Mythes Persistants et s’ouvrira à d’autres perspectives dépassant le cadre même du festival. Le troisième numéro sera consacré aux Amours Vagabondes et paraîtra en juin 2021.

Pour toute commande, merci d’envoyer un mail à : dare-dare@demostratif.fr.

Informations pratiques

Accès et réservations

Le campus Esplanade (14 rue René Descartes, 67000 Strasbourg) est un espace arboré et piéton, les véhicules n’y ont pas accès. Il est possible de se garer autour du campus.

Le site est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.

L’ensemble des festivités sont gratuites.

En raison de la crise sanitaire, l’accès aux spectacles et aux performances en intérieur se fait gratuitement sur réservation. Les jauges étant limitées par la distanciation physique, nous établirons pour chaque événement une liste d’attente sur place 30 minutes avant le début du spectacle.

Réservations : resa@demostratif.fr

Les portes s’ouvrent 15 minutes avant le début de chaque événement, sauf en cas de contraintes artistiques ou techniques.

Se rendre au festival

Tram C, E, F – arrêt Université
Bus 30, L1 – arrêt Palerme

>Pour la salle d’Évolution : bâtiment Le Portique, 14 rue René Descartes, 67000 Strasbourg.
>Pour l’AT8 : bâtiment l’Atrium, 16 rue René Descartes, 67000 Strasbourg.

>Pour l’accès au village du festival : une signalétique sera mise en place sur le campus.

Pour les personnes en situation de handicap

Le festival entreprend une démarche pour une meilleure accessibilité aux lieux mais aussi aux spectacles. Des places sont réservées pour les personnes à mobilité réduite ou en fauteuil. Pour plus d’informations ou pour prévoir votre venue : association@demostratif.fr.